|
 |
On retrouve cette maladie dans le monde entier. En Europe,
elle se limite au Bassin Méditerranéen (Afrique du Nord, Europe du Sud).
Les cas décrits dans d'autres régions de France sont en principe dus à des
animaux ayant voyagé dans les pays à risque.
Comment se transmet l'ehrlichiose ?
La transmission de l'ehrlichiose monocytaire canine est proche de celle de
la piroplasmose: le chien se fait piquer par une tique qui lui injecte des
bactéries. Ces bactéries se retrouvent dans le sang du chien où elles
s'installent et se multiplient.
Quels sont les signes de la maladie ?
1. La première phase de la maladie (phase aiguë) peut passer inaperçue.
Elle survient quelques jours après la piqûre de tique contaminante.
Le chien est abattu et a de la fièvre.
On note parfois une augmentation de la taille des ganglions, des douleurs
articulaires, des vomissements...
Cette phase est souvent brève et disparaît généralement sans traitement.
2. Toutefois, si rien n'est fait, une phase de latence survient, durant
laquelle le germe est toujours présent, sans que le chien ne présente de
symptômes cliniques. Seules des anomalies sanguines sont alors repérables
si une analyse est faite (baisse du nombre de plaquettes…).
3. Certains chiens vivent avec cette bactérie dans le sang sans jamais
déclarer de symptômes ultérieurement, sauf en cas de ré-infection après
une piqûre de tique (les chiens ne sont jamais immunisés et peuvent
refaire une phase aiguë à tout moment).
Il arrive même (dans de très rares cas), que le chien élimine totalement
la bactérie de son organisme et se guérisse tout seul.
4. Mais certains chiens, et principalement certaines races comme le Berger
allemand semble-t-il, développent, après quelques mois à quelques années,
une forme chronique de la maladie.
La forme chronique est très grave et se manifeste par un amaigrissement,
une baisse de l'appétit, des saignements (du nez notamment), des douleurs
articulaires…
A l'analyse sanguine, les chiens présentent une pan cytopénie, c'est à dire
une diminution du nombre de toutes les cellules du sang (globules rouges,
globules blancs et plaquettes). Cette pan cytopénie est due à une atteinte
irréversible de la moelle osseuse.
Les chiens atteints de formes chroniques ont très peu de chances de
survivre, même avec un traitement spécifique car ils ne peuvent plus
fabriquer de cellules sanguines.
Le diagnostic et le traitement
Le diagnostic repose sur des éléments épidémiologiques (présence de
tiques, situation géographique ou voyage en zone contaminée…) et les
symptômes.
Il est parfois difficile d'avoir un diagnostic de certitude dans la forme
aiguë car les signes cliniques sont peu spécifiques.
Une analyse de sang (examens hématologiques et microscopiques, avec
recherche du parasite sur des frottis sanguins, dosage et électrophorèse
des protéines sanguines…) et des tests sérologiques permettent de
confirmer le diagnostic.
Le traitement est efficace dans la phase aiguë et dans la phase de
latence.
Il consiste en l'administration prolongée de certains antibiotiques.
Dans les formes chroniques, le diagnostic n'est pas forcément simple (la
sérologie peut être négative en phase finale) et le traitement est souvent
illusoire.
Conclusion
L'ehrlichiose est une maladie encore rare mais très grave surtout pour la
forme chronique irrémédiablement mortelle.
Les signes de la phase aiguë sont malheureusement très vagues et passent
parfois inaperçus auprès des propriétaires, qui ne consultent pas de
vétérinaire. La prévention reste donc l'arme de choix pour lutter contre
cette maladie.
Il faut éviter les piqûres de tiques, principalement en zone à risque, par
un traitement anti-parasitaire adapté, et une inspection rigoureuse du
chien après une ballade en forêt par exemple. Ceci est valable pour toutes
les maladies causées par les tiques: piroplasmose, maladie de Lyme etc...
|